Friday, January 29, 2010

Céline

"Il fallait être quelque part cependant en attendant le matin, quelque part dans la nuit..."

"La grande défaite, en tout, c'est d'oublier, et sourtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu'à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans cahnger un mot, de ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ca suffit comme boulot pour une vie tout entiére..."

"Je me disasis toujours que la première lumière qu'on verrait ce serait celle du coup de fusil de la fin..."

"J'avais tout, pour moi tout seul, ce soir-là, J'étais propiétaire enfin, de la lune, du village, d'une peur énorme..."

"On est retournés chacun dans la guerre. Et puis il s'est passé des choses et encore des choses, qu'il est pas facile de raconter à présent, à cause que ceux d'aujourd'hui ne les comprendraient déjà plus..."

"Quand on est lancé de la sorte dans les voyages, on revient quand on peut et comme on peut..."

"C'est tout vibrant, tout rayonnant q'elle m'aurait voulu et moi, de mon côté, je ne concevais pas du tout pourquoi j'aurais été dans cet état-là, sublime, je voyais au contraire mille raisons, toutes irréfutables, pour demeurer d'humeur exactement contraire"

"Leurs actions, dès lors, ne vous ont plus ce sale attrait mystique qui vous affaiblit et vous fait perdre du temps et leur comédie ne vous est alors nullement plus agréable et plus utile à votre progrès intime que celle du plus bas cochon"

"Jamais je n'avais rien rêvé d'aussi confortablement habitable que sa chambre, toute bleu pâle, avec une salle de bains à côté."

"Son corps était pour moi une joie qui n'en finnisit pas.
Je n'en avais jamais assez de la parcourir ce corps américain. J'étais à vrai dire un sacré cochon. Je le demeurai.
Je me formai même à cette conviction bien agréable et reinforçatrice qu'un pays apte a produire des corps aussi audacieux dans leur grâce et d'une envolée spirituelle aussi tentante devait offrir bien d'autres révélations capitales au sens biologique il s'entend."

"Je reçus ainsi tout près du derrière de Lola le message d'un nouveau monde. Elle n'avait pas qu'un corps Lola, entendons'nous, elle était ornée aussi d'une tête menue, mignonne et un peu cruelle à cause des yeux blue grisaille qui lui remontaient d'un tantinet vers les angles, tels ceux des chats sauvages.
Rien que la regarder en face, me faisait venir l'eau à la bouche comme par un petit gôut de vin sec, de silex. Des yeux durs en résumé, et point animés par cette gentille vivacité commerciale."

"C'était comme un plaie triste la rue qui n'en finissait plus, avec nous au fond, nous autres, d'un bord à l'autre, d'une peine á l'autre, vers le bout qu'on ne voit jamais, le bout de toutes les rues du monde"

"Mes sentiments toujours n'avaient pas changé à leur égard. J'avais comme envie malgré tout d'essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j'avais envie de m'en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m'apparaissait soudain comme l'effet d'un formidable erreur."

"Je ne croirai plus jamais à ce qu'ils disent, à ce qu'ils pensent. C'est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croira plus jamais à ce qu'ils disent, à ce qu'ils pensent. C'est des hommes et d'eux seulement qu'il faut avoir peur, toujours."

"Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop. Voilà mon avis. Jamais je n'avais compris tant des choses à la fois"

"Ah! l'envie de s'en aller ! Por dormir ! D'abord ! Et s'il n'y a plus vraiment moyen de partir pour dormir alors l'envie de vivre s'en va tout seule. "
Louis-Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit

1 comment:

zhenomad said...

¡Lo estoy leyendo ahora! Es muy buen libro, pero difícil de leer porque está escrito en un francés muy coloquial...